La France connaît actuellement une épidémie de rougeole dont l’évolution est inquiétante. La maladie est très contagieuse et les complications (neurologiques ou pulmonaires notamment) peuvent être sérieuses voire mortelles.
Plus de 3 400 cas ont été notifiés pendant les deux premiers mois de l’année 2011 alors qu’en 2006 et 2007, le nombre de cas déclarés à l’Institut de veille sanitaire (InVS) était d’une quarantaine par an. Cette vague est donc de très grande ampleur, plusieurs éléments étant en faveur d’une sous-estimation du nombre de cas de rougeole par la déclaration obligatoire.
De 2008 à début 2011, plus de 10 000 cas ont été déclarés sur l’ensemble du territoire métropolitain. Près de la moitié des cas déclarés en janvier 2011 l’ont été en Rhône-Alpes. Dans cette région, depuis le début de 2011, on dénombre plus de 3 000 cas contre moins de 10 sur la même période en 2010.
L’épidémie touche aussi bien les lieux de vie en collectivité qu’en milieu communautaire.
Il est utile de rappeler que la rougeole n’est pas une « simple maladie de l’enfant ». En 2010, elle a non seulement touché des nourrissons de moins de 1 an (le nombre de cas a presque triplé), jusqu’ici moins concernés par la maladie, mais également les adolescents et jeunes adultes (plus de la moitié des cas de plus de 15 ans). Or, c’est principalement dans ces deux tranches d’âge que les complications (demandant une hospitalisation) sont les plus fréquentes et les plus graves.
La rougeole n’est pas non plus bénigne comme on le pense parfois. Ainsi, en 2010, un tiers des cas déclarés ont été hospitalisés (29,5 %). Cette proportion élevée s’explique probablement par un taux de déclaration plus important à l’hôpital mais révèle aussi la plus grande sévérité de la maladie chez les enfants de moins de un an et les adultes de 20 ans et plus, avec respectivement 38 % et 46 % de cas hospitalisés.